Virginie Touré ou le parcours d’une migrante qui a opté pour l’agriculture bio

De retour de la France où elle a séjourné pendant plusieurs années, Virginie Touré de Baglion a décidé de se lancer dans l’entreprenariat pour contribuer au développement socio-économique de son pays, la Guinée.

Pour cela, cette jeune entrepreneure mise sur le secteur agricole, qui selon elle reste un secteur porteur de l’économie nationale.

Mais qu’est-ce qui l’a réellement motivée de s’investir dans ce secteur ?

Se prêtant aux questions de notre rédaction, Virgine Touré explique ses motivations: « Je suis fille d’agriculteur. Mon père était agriculteur depuis les années 50. Il a fait du maraîchage en France. Pendant 25 ans, il était dans la communication événementielle. Et puis l’amour de la terre est venu toute seule puisque j’ai baigné dedans très jeune, parce que mon père, en Côté d’ivoire à Gnama, gérait des plantations de bananeraies. Donc j’ai vécu dans cette ambiance agricole à mon jeune âge. A un moment, après la communication, j’étais saturée, j’avais besoin d’aller vers ce qui est vrai, ce qui est essentiel, qui avait un sens pour moi. Et c’est l’agriculture. Mais je ne voulais pas faire n’importe quelle agriculture. Je voulais faire une agriculture qui respecte l’homme, respecte l’animal et respecte tout ce qui vit, donc l’agriculture biologique. L’idée est venue comme ça, parce que c’était inné je pense. ».

Les expériences acquises en Europe, particulièrement en France  l’ont permis de faire de cette passion une réalité : « Je suis gérante de la ferme Dondolokhoré à Sanoyah en Guinée. Donc nous avons des cas et je produis des fruits et légumes et aussi du riz dans un bas fonds. », s’est-elle réjouie.

Un parcours cent pour cent bio…

Contrairement à certains exploitants agricoles en Afrique, Virginie Touré se distingue par le type d’agriculture qu’elle pratique. La jeune entrepreneure pense qu’en cultivant la terre il faudrait bien avoir l’idée également de préserver l’environnement. C’est pour cela qu’elle a opté pour l’agriculture bio.

« C’est vrai qu’on parle aujourd’hui de bio. En fait l’agriculture biologique est une agriculture respectueuse de l’environnement. Donc, c’est tout un système. Il n’ya pas que l’agricole, il y aussi les animaux. C’est le bien être animal. C’est une agriculture qui veut qu’on respecte tout ce qui vit, à ne pas utiliser de pesticide. On a d’autres alternatives pour produire de façon saine. C’est cette agriculture que moi je préconise pour la Guinée, parce que nous avons déjà un sous sol qui est riche. En utilisant le pesticide nous ne faisons que la fragiliser. Qu’est ce que nous allons laisser demain à nos enfants ?

Au delà de l’argent, parce qu’on parle de sécurité alimentaire, le gouvernement, je comprends. Mais il faudrait aussi encourager l’agro-écologie et l’agriculture biologique, qui peuvent nous permettre de préserver notre sol pour l’avenir. », Explique-t-elle.

Son  cabinet ‘’CERTI Bio Guinea’’ offre des services

Cette femme entrepreneure guinéenne, dispose aujourd’hui d’une expertise dans ce secteur. Elle s’est illustrée à travers  l’audit et la certification en agriculture biologique.

A travers son cabinet, Virginie Touré compte accompagner des agricultures et des agriculteurs potentiels, afin de qualifier la profession, moderniser les activités agricoles et accroitre la rentabilité économique.

Son Cabinet, ‘’CERTI Bio Guinea’’ est une Société qui fait de l’audit et de la certification en agriculture biologique avec d’autres labels également, mais qui est spécialisé pour accompagner les agriculteurs pour aller vers une agriculture respectueuse de l’environnement.

Son ambition dans les 5 ans à venir

« Mon ambition d’ici à 5 ans est que la Guinée puisse être un pays exportateur important des produits certifiés de l’agriculture biologique, donc bio, parc e que pour le moment, nous sommes l’un des rares pays de l’Afrique de l’Ouest à ne pas avoir des produits certifiés. Il y a une seule plantation de mangues certifiée en Guinée. Et mon objectif, d’ici à 5 ans, est qu’on puisse avoir 500 fermes certifiées autant dans le domaine piscicole ou l’aviculture, parce qu’on va faire des œufs bio, on peut exporter de la vache bio, pour que vraiment la bio puisse être présente un peu partout en Guinée. Nous allons lancer en 2020, le salon de l’agriculture biologique en Guinée. »

Comme on le voit, ce parcours de cette guinéenne qui vit en France, mais qui a décidé de retourner investir dans son pays d’origine, est un bel exemple et devrait inspirer d’avantage  d’autres migrants Africains d’envisager des projets de retour fiables, afin de contribuer au décollage économique de leurs pays respectifs.

Abdoul Wahab Barry